Le tome 5 des Cahiers d'Esther est sorti ! 😃

Et c'est une belle réussite, comme toujours avec les livres de Riad Sattouf.

Du coup j'ai fait un petit fanart :

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Fandeskinks - il y a un mois

Pas fan , mais alors pas du tout , de cette bd …
Il existe de bien nombreuses oeuvres reprenant le point de vue d'un enfant/adolescent plus intéressantes et offrant des analyses bien plus pertinentes sur notre quotidien .

Enfin , chacun son truc .

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Fandeskinks - il y a un mois

Post-scriptum pour ceux qui auraient peut être envie de me répondre que « c'est logique en même temps qu'une petite dont on a commencé à recueillir les propos lorsqu'elle avait dix ans ne va pas forcément parler comme un grand philosophe , ça reste une enfant normale »
C'est tout à fait exact , et c'est pour ça que lorsqu'un auteur veut utiliser le point de vue d'un enfant (ou même de n'importe quel personnage ingénu comme par exemple une personne d'une autre culture lointaine ou des personnages animaliers) :
- il en imagine un fictif ( Lettres persanes , l'ingénu , mes vies de chien , philosophie d'un chat , Sans famille , Tom Sawyer, Le petit Nicolas, Alice au pays des merveilles, Stalky et Cie de Kipling, Les malheurs de Sophie et les petites filles modèles de la comtesse de Ségur , poil de carotte , un cœur au creux de la vague de Hortense Cortex , la majorité des livres de Jacqueline Wilson etc...)
- il utilise ses propres souvenirs (les souvenirs d'enfance de Pagnol, l'enfant de Jules Vallès , Vipère au poing de Hervé Bazin etc... )
- il fait un mélange astucieux des deux ( le petit chose d'Alphonse Daudet , le petit Bonzi de Sorj Chalandon )
Car comme ça , il peut combiner harmonieusement l'innocence naïve de son personnage ( qui permet d'avoir un oeil neuf sans préjugés sur les choses et de s'exprimer plus librement ) tout en utilisant son recul et son savoir d'adulte pour vulgariser le sujet dont parlera l'histoire en sous-texte .
Sans ça on a juste les réflexions médiocres d'une gosse extrêmement banale qui , la plus grande partie du temps , ne sait pas de quoi elle parle ( logique vu son âge ) exactement comme si un journaliste passait une année à la suivre caméra au point .
Alors ça peut être drôle ou mignon deux minutes mais disons que je n'en vois pas l'intérêt .
En gros c'est de la téléréalité , mais en bd et la candidate est une gamine .
( et vu que je déteste déjà ça à la télévision … )
Je n'ai aucun problème particulier avec les enfants ou les jeunes mais je n'adhère pas à cette sacralisation au point de s'enthousiasmer même lorsqu'il n'ont rien d'intéressant à dire .
Ce n'est pas cruel de dire que parfois un enfant peut être superficiel ou qu'il peut nous barber , et j'ai trouvé qu'Esther est de ceux là .

En lisant cette série dans les rayons d'une librairie j'étais soulagée de ne pas voir pris pour argent comptant les critiques dithyrambiques d'internet et de ne pas avoir commandé les albums précipitamment .

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Toc - il y a un mois

Personnellement j'aime beaucoup cette série pour son réalisme sur son traitement de l'enfance et de l'adolescence. Quand on lit des histoires autour de l'enfance, on s'aperçoit très vite que les enfants sont très idéalisés et correspondent d'avantage à un idéal-type qu'à la réalité de ce qu'est être enfant/ado. Évidemment ça n'a rien de dérangeant. L'objectif d'une bonne histoire c'est d'être intéressante, et pas nécessairement d'être réaliste, surtout dans des œuvres fantastiques. Même dans les récits autobiographiques le regard rétrospectif de l'adulte qui écrit sur l'enfant qu'il a été joue à plein régime. Il suffit d'ailleurs de lire les interview de Riad Sattouf sur l'Arabe du futur pour s'en rendre compte. Avec Ester on est au contraire dans un rapport direct avec l'enfance, et je trouve ça très enrichissant. Il y a quelque chose qui me fait penser au néo-réalisme italien dans cette BD. On est dans une réalité brute, directe, et surtout sans idéalisation de l'enfance

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Fandeskinks - il y a un mois

Le réalisme c'est bien mais quand il a quelque chose d'intéressant et (soyons fous) de positif à dire, c'est mieux.

Parce que bon, honnêtement :
" la maîtresse elle est trop moche..."
" mon frère il est trop bête et il s'est fait faire une coupe de footballeur..."
" Frodon dans le seigneur des anneaux il est tout petit, beurk beurk..."
" Mitchell il a pleuré quand un pigeon s'est fait écrasé, on a trop bien rigolé c'était dégueu... "
" pour réussir dans la vie il faut être souple et blonde hi hi hi "
" je veux un iPhone c'est pas juste... "
" y'avait un chien qui s'est approché de moi dans le train je lui ai donné un coup de trousse lol "
" le garçon à l'école il avait le même blouson que maître Gims trop bien... "
" j'avais un amoureux mais je l'aime plus, c'est la vie... "
" être homo ça sert à rien on peut pas avoir d'enfants..."

Et tout le reste est pareil.

Si vouloir un personnage d'enfant moins vide que ça c'est de l'idéalisme alors oui je préférerais de loin un personnage fictif plus intéressant.

Personnellement, je soupçonne même qu'à force de répéter sans arrêt que " ah ben c'est comme ça de toute façon, les enfants sont cruels et ils se rendent pas compte... " d'un ton satisfait ces derniers aient fini par intégrer ça comme pour dire que du coup s'embêter à se conduire autrement serait un effort inutile et se servent de cette étiquette due à leur jeune âge.

On aime à plaisanter sur le ton trop sérieux et guindé de certains personnages pour enfants d'œuvres plus classiques mais franchement aujourd'hui on manque cruellement de personnage comme une Joe March par exemple...

Esther véhicule surtout une attirance toxique pour le plus bas dénominateur commun.

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Nel - il y a un mois

Cher Fandeskinks,

je trouve votre critique pédante et ennuyeuse et je lis les cahier d'Esther parce qu'ils sont l'inverse : légers et distrayants.

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Toc - il y a un mois

C'est un point de vue qui se défend tput à fait. Cela dit la littérature jeunesse fourmille d'enfants horribles dont l'exemple n'est pas forcément très bon à suivre :

- Peter Pan assassie les enfants perdus parce que grandir c'est interdit
- Pinocchio écrase Jimmy Criquet et vend son alphabet pour voir un spectacle de marionnettes
- Le petit Nicolas joue au foot avec le globe terrestre d'Agnan (c'est rond donc ça sert à ça non ?)
- Les enfants de la guerre des boutons s'attaquent en se jetant des pierres à la figure
- Riri, Fifi, Loulou a leur début ressemblent plus à des sales gosses qu'aux castors juniors qu'ils deviendront plus tard
- Plus récemment on a toute la gamme des petits spirou et des titeufs, pas toujours d'un style très subtil et raffiné

Au final Esther s'inscrit dans une lignée de personnages pas toujours très recommandables. Quand Lebrac crie "A cul les Velrans" et que son rival lui répond "La Murie vous crève !" dans la Guerre des boutons (le roman, pas le film), ça vaut largement les "la maîtresse est moche" des cahiers d'Esther

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Fandeskinks - il y a un mois

" la littérature jeunesse fourmille d'enfants horribles dont l'exemple n'est pas forcément très bon à suivre "
Oui , et du coup c'est pour ça que l'auteur ne se contentait pas de jouer une neutralité facile et qu'il se servait d'eux pour véhiculer son message .

1) Peter Pan est décrit comme insouciant et joyeux , certes , mais JM. Barrie ajoute texto qu'il est sans cœur et égoïste et que c'est quelque chose de négatif . l'auteur ne cache jamais que Peter et clochette sont de mauvaise compagnie et qu'ils ne se gêneront pas pour vous mettre en danger ou vous jouer un mauvais tour si ça peut les amuser . Vers la fin alors que Crochet est mort , Barrie fait même une comparaison très claire entre lui et Peter . Toujours dans le roman : quand Clochette est morte Peter s'en fout , Wendy est atterrée de son égocentrisme .
Son rôle n'a jamais été d'être un exemple mais une représentation de l'enfance dans ses bons côtés et ses travers : capricieux , égoïste , impulsif , insensible …
Même dans l'adaptation de Disney : Peter est rendu un peu plus sympathique mais il envoie promener Wendy régulièrement , il met les enfants Darling en danger régulièrement et se conduit comme un tyran quand la mère des enfants leur manque .
Même les enfants Darling qui sont fascinés par les histoires de Peter s'en rendent compte dans le livre comme dans le film et finissent par être soulagés de rentrer chez leurs parents .

2) Pinocchio est un conte qui fait l'éloge de l'instruction , donc il faut d'abord montrer à quel point on peut tomber bas quand on en est démuni pour mieux améliorer le sort de personnage quand il se décide enfin à s'améliorer .
Pinocchio se voit ridiculisé , persécuté et brutalisé quand il s'écarte de l'école et ne s'éduque pas . Puis quand il se met enfin à faire des effort à l'école et se montre reconnaissant envers son père l'auteur explique explicitement qu'il en devient meilleur .
Un " vrai petit garçon " et non plus " un pantin ridicule " .
Il y a même tout un passage dans lequel Collodi dénonce la rancœur et la jalousie des camarades de classe de Pinocchio qui se mettent à lui en vouloir quand il devient bon élève et qu'il se conduit bien en classe . L'auteur les décrit comme des imbéciles violents , des cancres , et même Pinocchio se rend compte de leur idiotie et ne peut pas s'empêcher de rigoler de leur médiocrité .
Au point qu'aujourd'hui on reprocherait surement au bouquin d'être élitiste .

3) Nicolas joue avec le globe d'Agnan sans mauvaise intention .
On est dans les pensées de Nicolas et jamais il ne se dit qu'il veut lui casser son globe pour le peiner ou le mettre en mauvaise posture . Il voulait s'amuser avec Agnan comme le lui avait demandé sa mère .
Au passage : Nicolas et ses amis n'ont jamais rejeté Agnan parce qu'il a des lunettes ou qu'il est intelligent mais parce qu'il est un mauvais camarade prompt à dénoncer ou à se moquer des autres qui sont en difficultés .
C'est pour ça qu'ils ne l'apprécient pas .

4) Louis Pergaud était un pacifiste convaincu et un instituteur .
La guerre des boutons se moque de l'hypocrisie des adultes qui hurlent et se scandalisent pour des boutons arrachés et des pantalons abimés mais qui se conduisent de manière bien plus cruelle et stupide de leur côté .
Ce n'est pas pour rien si le roman se termine sur la bande de Lebrac en train de discuter des " exploits " de leurs aïeux et en faisant le constat de cette hypocrisie .
D'ailleurs cette guerre entre les deux villages venait des adultes aux origines ( " RÉCITS DES TEMPS HÉROÏQUES " ) les enfants ont repris leur mauvais exemple .
( ce qui rend encore plus intéressant le fait que cette œuvre date de 1912 , deux ans avant que la première guerre mondiale n'éclate à cause de tensions héritées de conflits antérieurs )

5) Pour le petit Spirou , il était bien plus subtil et sympathique dans les premiers albums . Il n'y a qu'a relire le volume 1 et le récit de " Ma nuit chez Zoé " dans le volume 2 .
Le petit Spirou se moquait lui aussi de l'hypocrisie des adultes de manière assez réussie avec une petite ambiance rétro à la guerre des boutons avant de devenir un Titeuf-like .
Pour Titeuf rien à dire , je n'ai jamais pu blairer ni le personnage , ni l'univers sordide dans lequel il évolue ni ses camardes tous plus débiles les uns que les autres .

6) Esther n'est pas fictive contrairement à Titeuf et c'est ce qui rend la chose encore plus désolante , elle s'exprime encore moins bien que lui et se montre encore plus mesquine !

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Fandeskinks - il y a un mois

C'est bien :)

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Estelle - il y a un mois

J'ai entendu parler de la BD mais ne la connais pas (à part le pitch), et les deux points de vue sont intéressants.

Du coup, ça me donne envie d'en savoir davantage, tout en sachant que si effectivement, il y a es "trop moche", trop bien", trop beau", trop nul", je n'irai pas chercher plus loin, parce que je n'achète pas un livre pour me faire mal aux yeux et que je ne supporte plus du tout cette confusion très /trop (que déjà je n'aimais pas au départ).

(Mes élèves tombent des nues quand je leur explique qu'en principe, "trop" ne veut pas dire "très". Alors qu'il y a encore quelques années, il n'y avait même pas besoin de leur expliquer la différence, ça coulait de source).

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Fandeskinks - il y a un mois

Oui, ce ne sont quasiment que des tournures de ce genre.

Le propos est extrêmement pauvre dans la forme et vide dans le fond.

Mais vu que le dessin est assez épuré et qu'il est en noir et blanc, ça a suffit pour que certains voient ça comme un nouveau petit Nicolas... J'ai du oublier le volume où il invite Agnan à aller "niquer sa mère" et où il s'exclaffe devant un animal mort.

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laitfraise - il y a un mois

"le petit nicolas peint les enfants tels qu'ils devraient être. esther les dépeint tels qu'ils sont."
pour ce qui est de la confusion très/trop... c'est le langage des enfants qui sera le langage de demain. soit un outil en constante évolution. à vous de leur expliquer le consensus actuel, mais à eux d'en faire un nouveau si ils veulent. le petit robert 2040 admettra peut être "la moulaga" et vous ne pourrez rien y faire, déso pas déso, XPLDLOL.

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Fandeskinks - il y a un mois

1) Tous les enfants ne résonnent pas comme des bimbos de téléréalité écervelées et ne se conduisent pas comme des racailles haineuses ( les parents du petit Mitchell peuvent en témoigner ) mais on se réfugie derrière le mantra " ils sont comme ça … " pour se rassurer et repousser d'un revers de main toute critique parce que la responsabilisation n'a pas trop la côte dans notre société actuelle .
( et puis comme ça on se dit que le gentil , le sensible , le timide , l'intello l'a un peu cherché puisqu'il ne rentre pas dans le moule . C'est de sa faute , non ? )

2) Les enfants du temps du petit Nicolas n'étaient surement pas des saints , évidemment , mais il fallait une raison pour qu'il y ait conflit . On avait pas cette glorification de la loi du plus fort et ce plaisir de faire mal pour faire mal .
On ne se crêpe plus le chignon une bonne fois : on harcèle , on humilie , on insiste , on appuie toujours plus fort et pas que physiquement . Ce n'est plus le mauvais camarade ou celui qui cherche les ennuis qui subit mais au contraire celui qui manifeste trop de gentillesse , de docilité . Ne pas aimer les conflits devient un motif pour les subir .

3) Le langage évolue , c'est vrai et c'est une bonne chose . Mais tous les changements ne se valent pas : certains enrichissent la langue et d'autres l'appauvrissent . Je pense qu'Orwell trouverait inquiétant de voir la novlangue en action avec la bénédiction générale . En réduisant son langage , on réduit aussi le nombre d'idées et les nuances qu'il sert à exprimer . On ne rend pas service aux jeunes en les laissant réduire leur vocabulaire , on les prive d'outils nécessaires à la construction de leurs idées futures . On les bâillonne indirectement juste pour une question d'ego et pour la fierté de ne pas être catalogué " vilain réac' " c'est aussi naïf que de croire qu'on rend service à un enfant en le laissant manger des bonbons en permanence .

4) " déso pas déso " est l'une des phrases les plus débiles d'autosatisfaction qui puisse exister .

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laitfraise - il y a un mois

1) ça me semble assez mal vu de placer Esther dans la catégorie "bimbo" et encore plus "racaille" étant donné que ce sont deux catégories de ses pairs qu'elle définit et critique, et qu'on peut voir qu'au cours de son évolution elle se construit en opposition à ces deux profils. à vous lire, je crois que vous confondez "représenter" et "glorifier", ce qui n'a rien à voir. Pour moi, les cahiers d'Esther, c'est une oeuvre qui fait appel à l'intelligence de son lecteur, et qui s'adresse à un public adulte (personellement je ne laisserais pas traîner ça dans les mains d'un enfant). La réalité est là, telle que décrite par une enfant (le "reflet de la société", non?), c'est au lecteur de faire un travail d'analyse ensuite. Pour le petit Mitchell, je vous invite à voir son retour dans le dernier tome et à vous faire votre avis. et si vous pouvez vous vous vanter de n'avoir jamais causé de tort à autrui de toute votre vie, je vous félicite mais ne vous crois pas.
2) se sentir puissant, voir ce que ça fait de faire souffrir, se faire intégrer dans un groupe, sont toutes de (mauvaises) raisons de faire du mal à autrui. Une lecture superficielle de n'importe quel bouquin d'histoire française me donne quelques doutes quand au fait que la violence gratuite du fort sur le faible soit un concept postérieur à l'an 2000... Bien sûr que je suis moi aussi horrifié par la violence gratuite des enfants sur les enfants qu'on peut lire dans cette série, comme la plupart des lecteurs en fait. une idée folle, comme ça: c'est peut-être précisément là l'intention de l'auteur?
3)chez orwell, la novlangue est au service d'une idéologie, d'une organisation sociale... peut-être que l'évolution actuelle du langage sert une idéologie (libéralisme?) aussi, mais je ne suis pas sûr que le langage s'appauvrisse comme vous le dites. (Quid des trésors de nuances que permet l'apparition toute récente des emoji dans le langage écrit??) je pense que les clés de la question résident surtout dans les origines sociales de ceux qui s'expriment. Je suis bien d'accord sur le fait que chaque enfant devrait recevoir les outils nécessaires à son expression personnelle, quitte à devoir alterner entre différentes façons de parler français en fonction du milieu ou il s'exprime. rien de plus triste de voir une personne intelligente peiner à mettre en mots une pensée abstraite par manque d'outils...
4)le "déso pas déso" se voulait comme une petite boutade, je pensais que le "XPLDLOL" qui suit réussirait à mettre cela en évidence. mais ça nécessiterait de pouvoir analyser plusieurs niveaux de lecture, comme les cahiers d'Esther. sans méchanceté, ça n'a pas trop l'air d'être votre fort...

en conclusion:
je suis plutôt d'accord avec vous en fait, et je pense que Riad Sattouf aussi d'ailleurs. je vous conseille de lire "la vie secrète des jeunes", une de ses précedentes séries, où il ne représente que des scènes horribles, violentes, choquantes mais criantes de réalisme dont il a été témoin. essayez de vous demander si en les représentant il cherche à les glorifier, ou si il compte sur l'intelligence et la capacité d'analyse de ses lecteurs pour faire une critique de la nature humaine et de la société contemporaine.

bref, pour résumer mon propos: représenter n'est pas glorifier. désolé du bloc de texte pour en arriver là...

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Fandeskinks - il y a un mois

1) Esther dénonce sans arrêt tout le monde même pour des prétextes complétement stupides ( " la dame dans le train elle voyageait avec son petit chien alors que j'ai peur - mais je le frappe lol - et le contrôleur il nous a demandé à vérifier notre billet ouin ouin ouin la société est trop injuste avec les jeunes ouin … " ) mais par contre elle ne se remet jamais en question . Elle dénonce la cruauté du racisme mais affiche son dégoût des plus petits , des " moches " , et j'en passe .

2) L'histoire de l'humanité est une succession de guerre et de barbarie mais avec des motifs ( politiques , religieux , économiques etc... ) pas un plaisir malsain . Et de toute façon dans ce cas ça veut dire que du coup on peut tous se conduire comme des monstres alors ? Sans oublier qu'on parle d'enfants heureux et gâtés dans un pays en paix . C'est juste du sadisme et rien d'autre .

Sattouf se cache un peu trop facilement derrière ce réalisme et cette neutralité pour faire preuve d'une complaisance lâche .

Quand il veut , il se permet d'y aller de son petit commentaire sur des points totalement accessoires de l'histoire mais face à des trucs horribles il reste muet comme une carpe .

Il y a toujours ce refus de se prononcer honnêtement , cette ambiguïté entretenue . C'est beaucoup trop facile .

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Richard - il y a un mois

"Il y a toujours ce refus de se prononcer honnêtement , cette ambiguïté entretenue . C'est beaucoup trop facile"

Peut-être parce que au contraire ce serait justement un peu trop facile de plaquer un discours moralisateur d'adulte sur les histoires d'une ado...
On peut ne pas aimer Esther telle qu'elle est présentée dans les bouquins, ça reste juste la retranscription d'une ado qui raconte ce qu'elle vit.
Et je pense qu'on peut difficilement comparer ça avec des personnages écrits par des adultes il y a cent ans...

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Fandeskinks - il y a un mois

Cette manière de parler des enfants et des adolescents comme si ils étaient incapables de réflexions basiques ou de l'empathie la plus élémentaire , c'est ça que je considères comme méprisant .

Comme si il fallait être un génie ou avoir au minimum 30 ans avant d'être capable de comprendre qu'il y a des choses qui ne se disent pas / ne se font pas .

Quand on adopte un discours moralisateur c'est justement parce qu'on pense que l'enfant/ado est capable de le comprendre , ça veut dire qu'on attend quelque chose de lui , on lui montre de la considération .

Rien de plus insultant envers les jeunes que ce raisonnement désormais classique " bah ils sont pas responsables / ils sont comme ça . " qui sert soit à se dédouaner , soit à se donner un genre " regardez , je ne juge pas les jeunes , je suis pas un méchant réac' moi ! "

Encore et toujours cette illusion qu'en laissant un enfant se gaver de bonbons on fait preuve de bienveillance .

Et malheureusement les enfants / jeunes s'engouffrent dans la brèche y voyant une bonne excuse ( parce qu'ils comprennent très bien , contrairement à ce qu'on croit )

C'est assez intéressant de remarquer que dans le premier volume Esther , du haut de ses dix ans , ne serait pas capable de comprendre que passer sa récréation à injurier copieusement un gamin parce qu'il vous suit pour jouer avec vous c'est mal , mais qui - par contre - est tout à fait capable de vous dire " on est des jeunes , c'est comme ça . "
Bizarrement , quand il s'agit de trouver des excuses elle devient tout à fait capable de raisonner " comme une grande " mais pour ses actes elle redevient une enfant naïve qui ne sait pas ?

mouais … comme je disais plus haut , c'est un peu facile .

PS : pour les " personnages écrits il y a cents ans " , je voulais juste les utiliser pour montrer qu'un personnage d'enfant ne veut pas dire qu'on ne peut pas faire passer un message positif ou une critique bénéfique pour autant .

Quand est ce que le fait de vouloir inciter les enfants à bien se conduire est devenu mal ?

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Erable - il y a un mois

Fandeskinks, je vous remercie ! J'ai toujours trouvé cette Esther stupide, détestable et surtout totalement inintéressante mais je n'aurais pas su l'expliquer aussi bien que vous.

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Fandeskinks - il y a un mois

Moi je vous remercie de votre message , parce que face à l'extase béate des gens devant cette série je me sentais vraiment seule .

Bonne journée à vous , qui que vous soyez .

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Erable - il y a un mois

Il est possible que ce soit une extase béate devant Riad Sattouf, l'auteur touche beaucoup de monde avec sa série autobiographique qui a un peu plus d'intérêt. Peut-être que si les cahiers d'Esther avaient été écrits par un(e) inconnu(e) ils n'auraient pas eu un tel succès.

En tout cas, je préfère quand mes enfants s'identifient à des héros positifs même s'ils datent de plusieurs dizaines d'années, de ceux qui vous donnent envie de rendre le monde meilleur et de respecter les autres. D'ailleurs, ce ne sont pas forcément des protagonistes parfaits, juste des héros bien sympathiques comme Gaston Lagaffe par exemple.

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Lucie - il y a un mois

Merci pour votre critique intéressante et précise d'Esther, je partage totalement votre avis. Cette bd m'a mise mal à l'aise tant je l'ai trouvée stupide, grossière et vide de sens. Elle n'est pas réaliste, non, la plupart des enfants sont bien plus tolérants et intelligents que ce personnage, dieu merci. Je suis très déçue car j'avais adoré L'arabe du futur du même auteur, une bd bien plus riche, émouvante et fine.

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Fandeskinks - il y a un mois

… de rien .
C'est cool de constater que je ne suis pas seule à ne pas l'apprécier .

Bonne journée à vous !

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Fandeskinks - il y a un mois

" si les cahiers d'Esther avaient été écrits par un(e) inconnu(e) ils n'auraient pas eu un tel succès. "
Ils auraient été jugés comme ce qu'ils sont : les chroniques inintéressantes d'une gamine pénible de superficialité .

Enfin , bonne soirée à vous ^^

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Fandeskinks - il y a un mois

D'ailleurs j'ai tendance à avoir un faible pour les personnages de Losers.

Shenzi Banzai et Ed ( les hyènes du roi lion), Sir Robin ( le chevalier trouillard de Sacré Graal), Marvin (l'androide dépressif et paranoide du guide du voyageur galactique) ou encore le général Grievous de la saga Star Wars ( le général Cyborg sur le déclin qui a perdu ses valeurs).

Mais les personnages prétentieux et les normies affreusement fades et banals ?... 'pas ma tasse de thé.

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ND - il y a un mois

Très chouette fanart, j’aime "ton Esther" façon bretonne 😍

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Rizel - il y a un mois

Pas logique la trace de pied entre les 2 jambes. Quand on marche, les traces de pieds sont "derrière"les 2 jambes.
Sinon ça veut dire qu'elle a bougé 2 fois la jambe en avant sans bouger celle de derrière

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William - il y a un mois

Eh bien, vif débat autour de ces cahiers. Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié la série "L'Arabe du futur" où le thème de l'enfance est encore central avec en prime le prisme d'une culture éloignée de la nôtre.
Merci pour le partage Laurel !

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