Californid, page 108.

Bonjour... voici la planche 108 de ma BD.

À demain, et n'hésitez pas à partager vos souvenirs et émotions de cette journée là...

Merci pour votre attention et prenez soin de vous. ✨

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Pim's - il y a une semaine

Je me souviens que j'étais chez des amis ce soir-là, à regarder le match de foot. Certains s'étaient étonnés des bruits de "pétards" qu'on avait pu entendre. Quand on a eu plus d'info, je me suis précipitée sur mon téléphone pour joindre ma cousine qui habitait avec son bébé juste en face du Bataclan à l'époque... J'entend encore sa voix terrorisée par ce à quoi elle venait d'assister...

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Untergaarden - il y a une semaine

Moi j’étais à Paris, au ciné avec une copine voir James Bond. On est sorties vers 23h... et le premier signe que quelque chose n’allait pas, c’est que tous les gens avaient pilé net à la sortie du ciné, le nez sur le portable, bouchant le passage vers la sortie pour les autres. Mon téléphone qui retrouve le réseau à son tour, buzze, l’avalanche de SMS, l’info: il y a des mecs qui avaient mitraillé au Bataclan et dans Paris, et ils étaient encore en liberté. Ça a l’air de rien, mais retrouver à Stalingrad en pleine nuit avec le cerveau qui commence déjà à calculer la probabilité que les mecs remontent vers la Chapelle, et à repérer quelles rues sont assez petites mais avec suffisamment de voitures garées pour servir de bouclier au cas où… c’était quelque chose. Je me souviendrais toujours du retour à pied la peur au ventre, et du week-end qui a suivi, où on s’est tenu au chaud entre amis, à suivre sur Facebook qui était là-bas, qui on connaissait ( je bosse dans le dessin animé et pas mal de gens de notre milieu y étaient ) et qui s’en était sorti, ou pas. Le coeur en miette, on s’est forcés à aller au ciné le dimanche pour voir Avril et le monde Truqué, en mode « la vie est plus forte que la peur » , mais on faisait pas les malins, et je me souviendrais toute ma vie de ces pas qui en coûtent mille, du coeur qui se tord à chaque voiture qui ralentit dans la rue, et du cerveau qui hurle « ON S’EN FOUT DU CINE ON RENTRE !» . Charlie Hebdo avait été un choc massif, mais après cette attaque là, on s’est tous dit « ok, maintenant ça va être tout le temps comme ça. On va tous être visé, tout le temps, ça peut surgir de partout. » Le lundi, incapable de monter dans le RER, j’ai pondu cette petite BD pour exorciser la peur et avoir le courage de foutre les pieds dans ces foutus couloir de métro: ( http://www.untergaarden.com/la-peur/ )
C’est tout con, mais à la revoir aujourd'hui, je réalise que ça a un peu marché. La peur n’a pas disparu, mais on s’est habitué à elle. On est bientôt 4 ans plus tard, et tout un tas de peurs nouvelles l’ont remplacées, entre l’apocalypse écologique, les apocalypses sociales, politiques, humanitaires... on a vraiment plus que l’embarras du choix (coucou Mr Orange Président du Monde et ses copains fous furieux) … mais ce 13 novembre marquera, pour moi en tout cas, le moment où mon monde s’est fracturé, et où j’ai pris conscience du bol qu’on avait eu de vivre jusqu’ici dans cette bulle de sécurité. La bulle a disparu, remplacée pour toujours par la sensation très réelle que tout peut s’arrêter n’importe quand, mais pour voir le bon coté des choses, ça m’a donné un gros coup de pied au cul existentiel.

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jacques - il y a une semaine

Belle BD.

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Marie-Eve - il y a une semaine

J'étais chez moi, c'est mon mari qui m'a prévenu qu'il y avait un attentat dans une salle de concert. J'ai regardé sur internet, un peu incrédule, et je me suis mise à trembler et pleurer. Je suis allée dans la chambre de mes puces qui avaient 2 ans, longuement, je ne sais pas trop pourquoi mais j'avais besoin d'être près d'elles qui dormaient profondément. Après j'ai eu très très peur dès que je sortais de chez moi, et pendant très très longtemps, je crois que c'est Arnaud Beltrame qui m'a libéré de la peur en cassant cette image de "fatalité" par son choix d'aller lui même se mettre à la merci d'un terroriste (même s'il n'y a pas eu pour lui le happy-end que j'espérais). C'est pas facile à expliquer, mais en tout cas c'est lui qui m'a redonné du courage et je n'ai plus peur aujourd'hui.

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Steph - il y a une semaine

Autant la BD que les commentaires, c'est le monde des happy few 😧 c'est romantique comme un film hollywoodien. On a peur, et puis, ouf, Arnaud Beltrame s'est sacrifié, on n'a plus peur. C'est les montagnes russes de l'émotion, on fly de San Francisco au Hilton de Barcelone, mais notre monde s'est fracturé entre temps, "La bulle a disparue, remplacée pour toujours par la sensation très réelle que tout peut s’arrêter n’importe quand". Cœur triste avec les doigts.
Si tu n'as plus peur, c'est certainement que tu vis dans des conditions, comme nous tous, qui permettent de ne pas avoir peur tous les jours, tout simplement.
Je ne suis pas cynique, j'ai les yeux ouverts, je ne vis pas sur un réseau social.

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Pat - il y a une semaine

Je ne vous remercie pas, Steph, je viens de tenter de réaliser un cœur triste avec les doigts et je pense m’être luxé l’annulaire.

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Marie-Eve - il y a une semaine

J'en suis bien consciente, que j'ai la chance de vivre dans des conditions qui permettent de ne pas avoir peur tous les jours, mais pendant longtemps j'ai eu cette impression de pouvoir devenir une cible n'importe quand parce que des gens qui auraient pu être moi ont été assassinés dans mon pays que j'imaginais très sécurisé.
Je ne dis pas que ma peur était rationnelle, et tu peux effectivement t'en moquer si ça t'amuse, mais elle était tout de même bien présente et c'est bien l'action d'Arnaud Beltrame qui m'en a fait sortir sans que je sache l'expliquer.
Désolée de te sembler ridicule, mais n'accuse pas les réseaux sociaux : je n'y suis pas et je n'y vais pas. Ce sont juste les informations qui m'ont fait plonger comme ça dans l'angoisse.

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Steph - il y a une semaine

Pas trop envie de me moquer ni de m'amuser. L'émotion qui dicte son analyse et son rythme, c'est bien ce qui me semble dangereux. Dissocier l'émotion du raisonnement pour conduire des actes, c'est une des qualités d'un état de droit.

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Marie-Eve - il y a une semaine

On est parfaitement d'accord sur le principe de dissocier l'émotion du raisonnement pour conduire des actes, mais justement il n'y a aucun raisonnement ni acte dans mon premier commentaire. Et puis je ne suis pas dirigeante de quoi que ce soit, je n'ai pas d'État de droit à gouverner dans ma petite vie (et heureusement !), donc ma peur personnelle peut à juste titre te sembler stupide mais elle n'est pas dangereuse (et elle n'a pas changé mon vote, par exemple, ni mon regard sur l'immigration). J'arrête ici, je crois que j'ai déjà un peu trop saoulé tout le monde sur la note précédente.

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Claire - il y a une semaine

Il etait 15h30 en Californie quand un pote m'a dit d'aller voir les infos. La, au bureau, devant mon ordi, je vois la Une du journal, une centaine de morts, la prise d'otage toujours en cours. La bouche grand ouverte, pas un son qui peut en sortir, le temps s'arrete et c'est la peur qui prend le dessus. Essayer de raisonner et de comprendre la realite de la situation.
Mon premier reflexe a ete d'envoye un email a mes 2 freres qui vivent a Paris et qui pourraient tres bien etre au Bataclan ce soir la. Je suis rentree chez moi et je suis restee scochee au info toute la nuit. Un pote est reste a la maison pour me distraire. Pas moyen de dormir car il y a cette angoisse de ne pas savoir ou sont mes freres et si je vais les revoir vivants ou dans une grande boite en bois. A 2h30 du mat, je ne pas dormir alors je verifie mes mails et mon frere enfin me confirme qu'ils sont tous les deux sains et saufs.
Le reste du WE a ete horrible. Etre si loin de tous ces gens et en meme temps, aussi effrayee. Se dire que le monde tel qu'on l'a connu, cette paix, est fini, on est tous expose. J'aurais voulu serrer tous ces gens dans mes bras, leur dire que tout ira bien et qu'on s'en sortira parce qu'on est tres fort, mais au lieu de ca, je suis a des milliers de km de mon pays et seule. Ne rien pouvoir faire pour aider, juste etre spectateur et attendre les nouvelles, c'etait dur, tres tres dur.

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Caroline - il y a une semaine

"Se dire que le monde tel qu'on l'a connu, cette paix, est fini, on est tous expose."
Mais euh, juste… vous réalisez ce que vous dites ? 😠 Quel monde, quelle paix vous a semblé fini·e ? NY 2001, Madrid 2004, Londres 2005 ? Partout ailleurs, tout le temps ?
Attendre des nouvelles, sans pouvoir rien faire, est certainement très, très dur.
Mais faut juste un peu peser ses mots. Le monde tel que vous l'avez 'connu', 'cette paix'… peut-être entre Paris et la Californie. Et encore, ça se discute.

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Claire - il y a une semaine

Caroline, c'est mon ressenti. Nous avons tous vecu cet evenement de maniere differente.
J'ai eu la chance de grandir dans une France ou il y n'a pas eu de grands actes de terrorisme depuis les attentats de St Michel. Je suis bien conscience des guerres et du terrorisme qu'il y a eu auparavant mais la France avait ete epargne. Il y a ce faux sentiment de securite, de "ca ne peut pas arriver chez nous". Et d'un coup, en moins d'un an, il y a plusieurs d'actes de terrorisme qui se produisent sur le sol francais.

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Andross - il y a une semaine

Malheureusement, je n'ai pas du tout le même ressenti. C'est curieux, malgré mon âge en plus (29 ans), mais pour moi le monde "paisible" (même s'il n'existe pas vraiment) a disparu le 11 septembre. Je me rappelle précisément d'où j'étais ce jour-là.
Mais pour les attentats en France, je n'en ai pas vraiment le souvenir, mais j'ai une vague idée. Je me rappelle n'avoir ressenti aucune peine, aucun malaise. Simplement une lassitude. Du genre "ah, cette fois, c'est ici". Et qu'il faudrait que j'appelle mes proches une fois que ça se serait tassé.
Ma copine de l'époque vivait tout à côté de la rue du Corbillon à Saint Denis, du coup on s'est inquiétés un peu plus quand ils les ont finalement retrouvés.

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Kontrya - il y a une semaine

Pour moi le monde calme et tranquille s’est arrêté au moment des attentats de Saint-Michel.
Avec ma mère qui était effrayée parce que mon père prenait les transports en commun.
Puis le 11 septembre a changé ma façon de voir le monde. Si les USA pouvaient être touchés, où étions-nous en sécurité ? Nulle part.
Les attentats du 13 novembre m’ont moins touchée que ceux de Charlie (Cabu !) et Montrouge. Parce que j’étais au CNEN le 8 janvier (voir sur une carte pour comprendre), qu’on a été confiné, qu’on n’avait pas d’info, qu’on craignait une prise d’otages par Coulibaly. Parce que des collègues ont été traumatisés par les coups de feu (heureusement je suis arrivée trop tard au taf pour y assister). Certains ont vu le sang. Le cadavre.

Le Bataclan j’étais presque blasée.

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Andross - il y a une semaine

Le pire c'est ça. L'habitude de l'horreur. On en vient à se demander qui va tirer la loterie du prochain. Pfff...

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jacques - il y a une semaine

Ouais tout ça est bien triste.

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Em - il y a une semaine

La confusion entre ce que vous avez ressenti, intimement, selon des contextes personnels et particuliers, et ce que vous en concluez sur 'le monde' est terrifiant. Ça montre combien vivre en sécurité – ce qui est le cas pour l'immense majorité d'entre nous – veut dire apparement vivre centré sur soi. Sans aller jusqu'à l'indifférence, avec une conscience très très lointaine que, 'ben ouais, y a des endroits où les gens meurent violemment, c'est comme ça.
Pour paraphraser : cœur triste avec les doigts.

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Woofy - il y a une semaine

Je n'ai absolument aucun souvenir d'où j'étais, ni de ce que je faisais. Autant les attentats du 11 septembre 2001 m'avaient marqués, ceux de Charlie Hebdo un peu parce que j'étais pas loin à côté, mais ceux de Nice, du Bataclan, ... bof non. Et celui de la Station St Michel j'étais trop petit, ceux de Londres ou de Madrid étaient trop loin.
Quand à ceux qui se déroulent dans des pays "en guerre" (Afghanistan, Liban, Yémen, Mali, ...), ça ne me fait plus rien car on a l'impression d'en voir tous les jours. Et ils sont également trop loin de nous, Européens.
Pour dire, je suis infoutu de ressortir la date des attentats du Bataclan (ok, 13 novembre, c'est marqué ici ... heu quelle année déjà?) ni ceux de Nice (Juillet il me semble, idem je n'ai plus l'année).
Sans les banaliser, et je peux comprendre ceux qui ont été traumatisés (une amie était au stade de France lorsque ça a pêté juste dehors, elle avait encore de grosses séquelles psy plusieurs mois plus tard), moi ça ne me fait plus rien, je ne me sens pas concerné. Ca arrive. Si on devait psychoter pour tout, on n'aurait pas fini de remplir les poches des vendeurs d'anti dépresseurs et des psys.

Par contre le Brexit est un sujet qui pour le coup me marque beaucoup plus je trouve !

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Pat - il y a une semaine

Concernant Nice, il y a une astuce mnémotechnique pour la date : c’était pendant le feu d’artifice du 14 juillet ...

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Woofy - il y a une semaine

Voilà, c'est bien ce qu'il me semblait mais je n'en étais plus certain.

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Alfred - il y a une semaine

Si c'est mnémotechnique, il y a un lien avec la notion de feu d'artifice, hum… c'est pas du meilleur goût.

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Emmanuel - il y a une semaine

Pyrotechnique en l’occurrence ! ;-)

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Woofy - il y a une semaine

Ben justement, il n'y a pas eu de feu d'artifice sur celui-là.
Contrairement à celui de St Michel.

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Em - il y a une semaine

Mais nous, Européens, ne sommes pas trop loin d'eux.
Ahhh… le coup de bol d'être né·e au bon endroit 😀

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Em - il y a une semaine

Et le coup de bol que le reste dudit monde s'occupe de tout ce qui concourt à notre bonheur, fringues, matériel, bouffe, tout. C'est moins cher, livré rapidement, et ils récupérèrent mêmes les déchets, les cons 😅
Tant qu'ils n'ont pas compris comment contourner la Méditerranée, on est cool pour un petit moment.

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Marie-Eve - il y a une semaine

OK, tout cela est vrai et assez évident pour ne pas avoir besoin de le rappeler encore et encore et encore en prenant les autres pour des crétins égoïstes alors qu'à la base ils parlent avec sincérité de l'écroulement de leur monde et non du Monde.
Mais quel est ton but au final ? Et quelles sont tes propositions concrètes pour que le/la citoyen(ne) lambda puisse atteindre ce but (à part vivre à poil ou devenir assez riche pour pouvoir vêtir sa famille de textile 100% équitable) ? Parce que bon, faire culpabiliser les gens c'est pas très constructif par rapport à proposer des moyens d'agir.

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Em - il y a une semaine

Si c'était évident les 2 dernières planches ne ressembleraient pas à ça, et les commentaires encore moins. Je n'ai aucun but ici – en as-tu un, à part célébrer Laurel, défendre Valentin et nous convaincre de bons sentiments consensuels ?

Ceci dit, commencer par ne pas écrire les énormités que j'ai pu lire (par d'autres que toi), ce serait un début.
"Ça ne me fait plus rien car on a l'impression d'en voir tous les jours. Et ils sont également trop loin de nous, Européens."
Ceci dit, ça a le mérite de la franchise.
Non, ce qui serait un début, ce serait ouvrir un peu les yeux, et donc éviter d'écrire ces énormités. Lesquelles énormités, "sources" à l'appui, en disent très long sur la vision nombrilo-centrée qui règne.
On n'est pas aux émus anonymes, la sincérité de où j'étais, comment et avec qui quand j'ai entendu l'annonce de chaque attentat, je m'en fous pas mal de l'étaler et les autres aussi s'en foutent.
Par contre voir en face que si le monde de chacun·e s'est 'effondré', c'est ici une sensation, un sentiment, une émotion, uniquement liée à la bulle bien fermée dans la laquelle on évolue. C'est très, très différent d'une réalité. Et comme je me suis autorisé à l'évoquer, si tu n'as plus peur, c'est avant tout parce que les conditions concrètes de nos modes de vie le permettent. C'est un privilège rare et précieux aujourd'hui. Je préfère avoir conscience de ça, clairement, plutôt que tomber dans les bras les uns des autres, parce qu'on a été terrifié sur le moment.

Reste le concret… ah ben oui, vivre à poil, s'éclairer à la bougie, tout ça. Ou être riche.
La question n'est pas bêtement binaire – à poil ou être riche – comme on aime la présenter quand… je ne sais pas trop pourquoi on aime à la présenter comme ça en fait.
Evidemment c'est pas mal de renoncement, le mode de vie occidental est fondé sur l'exploitation de ressources qui ne sont pas ici, produites par d'autres dans des conditions plus ou moins pénibles sinon atroces, que nous ne supporterions pas. Y a pas trente six mille manière de corriger ça. Ensuite, chacun·e place sa motivation et ses envies d'agir, quelque part entre 'à poil' et 'être riche', et je suis suffisamment faillible pour ne faire la leçon à personne. Mais pour ça, il faut commencer par ne pas nager au chaud dans sa bulle, avec juste ce qu'il faut de frayeur.

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Em - il y a une semaine

- Manger bio et local, ne plus manger de viande et cuisiner à partir de produits bruts pour compenser le surcoût du bio.
- Se passer du shopping et de la mode, ne changer de vêtements que quand l'usure le nécessite, acheter d'occasion, se faire plaisir avec des frippes de marque si c'est vital.
- Eviter les energies fossiles, réduire ses déplacements, travailler à domicile, réduire le nombre de véhicule par famille, etc…
- Eviter les produits venant de l'autre bout du monde, à obsolescence programmée ou renouvellement annuel, consommant des ressources de malade à produire…
Bref, on en ferait des pages, et je suis très loin d'y parvenir.
Mais quand même pas mal, dans cette liste. Et si j'essaie, et progresse doucement, c'est juste parce que j'y pense.
De toute façon, si la violence sociale et humaine ne nous rattrape pas en premier, l'environnement se chargera de nous faire quelques mémos bien concrets sur notre manière d'en avoir rien à foutre. Le truc justement, c'est que si la douce bulle nous protège encore jusque là, c'est loin d'être le cas de tout le monde.

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Marie-Eve - il y a une semaine

Qu'en sais tu, que les autres ne font pas déjà tout ça ? Que connais tu de leur vie, pour partir du principe qu'ils sont forcément moins "bien" que toi et qu'ils ont besoin que tu les remettes en place avec un tel mépris ?

Et en admettant que tu penses vraiment être meilleur que les personnes de ce blog et devoir leur porter la bonne parole, crois tu que c'est par le dédain et le martellement incessant des mêmes idées commentaire après commentaire que tu feras passer ton message ?

Pour terminer, ce que j'ai le plus de mal à comprendre dans tes propos : en quoi être conscient de la souffrance des autres et faire de son mieux au quotidien pour l'éviter serait incompatible avec le fait d'exprimer sa peur lorsque la violence semble nous menacer directement ?

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Em - il y a une semaine

Mais que c'est lourd, que c'est lourd… 😏 Je ne connais rien de leur vie, et je ne pars d'aucun principe, certainement pas qu'ils font moins bien que moi, que toi, ou le pape. Tu admets ce que tu as envie d'admettre, ou pas hein, mais je ne pense nullement "être le meilleur" – on dirait une cour d'école. Je ne l'ai jamais dis ou laissé entendre, et prend au contraire bien soin de préciser que je suis très loin de pouvoir appliquer les idées que j'ai évoquées. Simplement j'essaie, c'est tout.

Par contre, je lis. Et je commente uniquement ce que je lis, à fortiori quand je lis des trucs insensés. Et honnêtement, sur les commentaires des deux derniers fils il y a de quoi s'effrayer vite fait, à lire le nombre de propos qui présente les attentats du 13 novembre comme la fin d'un monde, la fin d'une insouciance – je cite.

Heureusement, une note marrante : que toi, qui dois commenter à peu près tous les posts de Laurel, probablement davantage que Valentin, et t'appliques à avoir le dernier mot sur chacun des sujets, tu me fasses la morale sur le "martèlement incessant des même idées", c'est plutôt amusant.

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Marie-Eve - il y a une semaine

La fin de LEUR insouciance, de LEUR monde où ils se sentaient PERSONNELLEMENT en sécurité.
Et oui, j'ai été tout comme toi super lourde sur la note précédente mais je ne recommencerai pas sur celle là : je te laisse poursuivre en version monologue ;)

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Geraud - il y a une semaine

Martèlement incessant des même idées 😶

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Em - il y a une semaine

Oh, moi ça me va de continuer, pas de soucis.
Ce qui est super lourd, c'est de fantasmer et mes prêter des comportements méprisants et supérieurs qui ne sont pas les miens. Ou me reprocher des comportements dans lesquels tu excelles. D'ailleurs, pour ce que tu martèles, simplement je ne lis pas la même chose que toi.

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Ori - il y a une semaine

On a tous des esprits et des sensibilités différentes, et je trouve notamment intéressants les commentaires sur ceux des précédents attentats qui vous ont plus ou moins marqués.

Pour ma part, ceux du 13/11/15 m'ont beaucoup touchée. Autant pour Charlie Hebdo, même si le geste était horrible, je trouvais le retentissement médiatique un peu disproportionné, par rapport aux exaction quasi quotidiennes des terroristes dans certains pays, à l'encontre de civils, dont on n'entend guère parler. Le 13/11 c'était nous les civils, ça mitraillait pas loin de chez moi. Je ne sais plus si j'ai eu peur sur le moment. Vu l'horaire, mes plus proches étaient à l'abris. Mais j'ai vécu ça comme une plongée dans l'horreur, c'était poignant. Ca m'a pris aux tripes comme rarement. Et somatisation aidant, et entre le moment où j'ai appris la nouvelle (au bureau) et le moment où je me suis endormie (chez un collègue, du coup) j'ai été prise d'une crève monumentale.

Ensuite, les temps qui ont suivi, j'avais un peu peur, mais pas trop. Et il ne fallait pas montrer sa peur; ne pas laisser les terroristes nous terroriser; continuer à vivre normalement. Mais j'avoue m'être fait la réflexion que mes enfants en bas âge étaient une bonne excuse pour ne pas aller m'attabler en terrasse (pour le courage on repassera).

Mais quelle tristesse, et encore aujourd'hui, quand je passe devant les lieux...

Après, je me dis que même si ça se reproduisait, ça reste statistiquement assez peu probable de mourir dans un attentat. (Pour nous, heureux Européen.)

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Petite histoire du soir, bonsoir - il y a une semaine

Pour ma part (même si tout le monde s’en fout !), ce qui m’a marqué :
En premier lieu, le 11 septembre...c’était un mardi, j’avais pris un jour de congé (pourquoi un mardi, je ne m’en souviens plus, c’est quand même bizarre de prendre un CP un mardi)
J’ai allumé la télé mais ne regardais pas vraiment puis j’ai entendu qu’il passait un film catastrophe...avec la voix de PPDA... et je me suis dit, « tiens PPDA qui double un film catastrophe, c’est drôle », du coup j’ai regardé et j’ai compris que c’était la réalité
Et là j’ai fait quelque chose d’horrible : je suis montée voir mon mari qui travaillait à l'étage (travailleur indépendant)
Il venait de terminer un site de jeux en « Flash » (pour ceux qui se souviennent de ce genre de site) sur internet et attendait le paiement de la boite mère...qui se trouvait être à Manhattan
Je n’avais qu’une obsession : « mince ils ne vont pas le payer », c’était son chiffre d’affaire de l’année
Puis j’ai réalisé (le lendemain ou les jours suivants, je ne sais plus) l’horreur de cet événement
Depuis je me dis et me dis encore : « mais ma pauvre fille, tu es un monstre, tu n’as pensé qu’à ta petite personne »
Pour Saint Michel en 95, j’étais en stage à Paris : je n’ai pas pris le métro pendant 1 mois après les attentats et j’allais à pied à mon lieu de stage, et je flippais pour mon père quand il partait bosser en métro...la trouille
Charlie Hebdo : merde...Cabu, Wolinski...j’avais l’impression de les connaître pour avoir grandi avec leurs dessins
Le Bataclan, j’ai eu très peur pour ma meilleure amie, j’ai cru qu’elle y était, elle ne répondait pas à mes messages
Quant à Nice, j’ai pleuré : beaucoup d’enfants ont été touchés, des familles...et je suis sûre que je n’aurais pas été autant marquée si je n’avais pas été maman moi-même à ce moment-là
Je connais l’un des premiers policiers à s’être rendu sur les lieux, il est marqué à vie de ce qu’il a vu
C’est affreux mais avant d’avoir des gosses, j’étais moins sensible, pour ne pas dire pas du tout, à tous les événements qui impliquent des enfants
Par contre, j’ai toujours été hyper sensible à la souffrance animale : sensiblerie, diront certains
Je pourrais parler des événements dans le monde qui m’ont fait pleurer ou non selon mon état d’esprit du moment : Guerre du golfe, génocide au Rwanda, Fukushima, Tsunami et tant d’autres...mais ce n’est pas le sujet du jour
Tout ça pour dire : je pense qu’on vit les horreurs du monde selon sa propre vie, son propre ressenti à l’instant T et il ne me viendrait pas à l’idée de critiquer qui que ce soit de vivre tout cela autrement que moi
Bonsoir

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Marie-Eve - il y a une semaine

Ben nan, je m'en fous pas.

Comme toi, l'attentat de Nice me bouleverse encore plus que tous les autres (en France) d'avoir sciemment visé des enfants. Je ne suis pas sûre que j'y aurais été plus sensible que pour des adultes si je n'avais pas été maman, mais maintenant voir des enfants mourir comme ça d'où qu'ils viennent ça m'arrache les tripes. Et j'ai honte du monde politique lorsque ce sont des enfants à qui leurs parents ont voulu offrir un avenir meilleur, ces petits qui se noient en Méditerranée ou dans le Rio Grande parce que des gouvernements qui le pourraient ne veulent pas les accueillir. Impossible de ne pas se projeter, quand on veut aussi le meilleur pour ses enfants mais que pour nous c'est tellement plus simple.

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Em - il y a une semaine

Eh, ça me fait plaisir de lire ça ! Je pense que je ne dis pas autre chose – hum bon, disons que j'essaie quoi.
L'abandon que tu évoques, par les gouvernements, j'y vois une forme de terrorisme, on sait très bien ce qu'il advient quand on maintient des gens du côté de la misère absolue, d'autant quand on bénéficie de cette misère.
Et j'avoue que je me sens, juste moi et sans aucune culpabilisation de personne, pas super à l'aise d'être de ce côté du mur, à bénéficier d'une vie confortable et préservée.

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Marie-Eve - il y a une semaine

C'est vrai, laisser des personnes prendre de tels risques parce qu'elles veulent juste vivre dans des conditions acceptables (ou parfois survivre) alors qu'on a de quoi les accueillir c'est une forme de terrorisme passif implacable.
N'ayant pas choisi de naître en France dans une famille aimante qui m'a permis de faire des études et avoir un métier qui met mes enfants à l'abri de la faim, je ne ressens pas de culpabilité mais plutôt une obligation morale de partager. La vie devrait être uniquement un "jeu" coopératif, puisque les cartes en main en début de partie sont inégalement réparties.

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Em - il y a une semaine

Ça répondait à Marie-Eve, deuxième partie du message.

Petite histoire > je crois que c'est aussi le sujet, amha (je fais gaffe).
Le génocide au Rwanda a été mon premier gros traumatisme, vraiment terrible. Et la distance n'a pas comptée, d'autant moins que la France a une part particulièrement sombre dans ce qui s'est passé. A partir de là, la distance n'a plus jamais comptée, seuls les liens que je faisais ou que je découvrais entre mon état de citoyen français et les 'situations' dont j'apprenais l'existence.

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Marie-Eve - il y a une semaine

Pour moi aussi, la distance ne compte pas pour le traumatisme ou la tristesse, elle compte juste pour la peur. N'étant pas Tutsi, je n'ai pas craint une seule seconde que des Hutus viennent me tuer chez moi. Ça n'a pas atteint mon sentiment de sécurité.
Par contre, je me rappelle que ma maman m'avait raconté que des enfants s'étaient fait massacrer dans une école. J'étais écolière, et ça me semblait inimaginable que des individus puissent avoir cette folie de s'attaquer à des enfants comme ceux que je voyais autour de moi dans la cour de récré. Ça m'avait terriblement choqué (et je n'ai jamais oublié où se situe le Rwanda sur la carte).

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Prof - il y a une semaine

Oui, je crois que c’est un biais cognitif assez répandu (voire généralisé) dont il faut toutefois apprendre à se méfier. En effet, à force de vouloir se convaincre que ça ne peut pas lui arriver, le cerveau va inconsciemment chercher à se distancier, ce qui a parfois pour effet secondaire d’entretenir des représentations qui stigmatisent les victimes. Robert a le cancer ? Il faut dire qu’il fume beaucoup trop (pas comme moi, je suis à l’abri, c’est la punition pour une faute que je ne commets pas). Christelle n’arrête pas de se faire tripoter dans le bus ? Il faut dire qu’elle met des vêtements provocants (pas comme moi ...). La Libye est à feu et à sang ? Il faut dire qu’ils ont entretenu pendant des années un système politique mortifère. Etc

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Marie-Eve - il y a une semaine

C'est super bien expliqué, merci !

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Ciel200 - il y a une semaine

Ce soir-là j'étais rue Oberkampf, chez un pote. On est sorti en rejoindre d'autres une heure avant que ça rafale. Puisqu'on parle beaucoup de relation entre proximité et ressenti émotionnel dans ces commentaires, je peux vous dire que niveau culpabilité du survivant on a été servi.

Ensuite, comme en janvier. Bfmtv toute la durée de la prise d'otages. On commandait la bouffe et j'avais honte de faire venir les livreurs, d'un autre côté, plutôt eux que moi, non ?

Quand je suis rentré chez moi trois jours plus tard, les rues étaient nettoyées. Et si la terreur hantait mes pensées, les automatismes habitaient ma démarche, de sorte que je me suis trouvé sur les lieux des crimes sans m'en rendre compte alors que je ne cessais d'y penser. Je n'ai pris l'ampleur de ce décalage qu'une fois sous la douche.

Une gamine m'a libéré de cette dépersonnalisation terrible. Je passais près d'une école sans faire attention à une migrante toute jeune qui faisait la manche quand j'ai entendu une détonation. Cette fois, j'ai pensé à Merah, j'ai pensé aux gosses. J'ai regardé autour de moi paniqué, prêt à en prendre trois ou quatre par les poignées de cartable et courir. La petite avait simplement fait éclater un ballon de baudruche.

Depuis je pleure chaque soir avant de faire dodo. Mais rassurez-vous les amis, je vote toujours à gauche, je suis quelqu'un de bien

Si cette tranche de vie vous a plu, retrouvez-moi sur wattpad ou netflix et n'hésitez pas à binge watch black mirror (l'épisode avec le noir sur son vélo qui participe à une série de divertissement va vous plaire)

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Em - il y a une semaine

Le système nous digèrera toujours.
Série géniale dans les 3 premières saisons, s'écroule un peu dans la 4è, s'effondre totalement dans la 5è. La digestion par Netflix est mal passée.

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Ciel200 - il y a une semaine

J'ai trouvé ça nul dès le début. Seul le spécial Noël trouve grâce à mes yeux. Pas vu plus loin que fin de la saison deux

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Julien - il y a une semaine

Je me suis couché tôt ce soir là, comme il y a avait du foot à la télé, j'ai pris un bouquin et au lit.
Le matin, au réveil, après 30 secondes de black-out, j'ai passé une heure à contacter mes potes qui auraient pu être dans les parages.
Une semaine après, on s'organisait une bouffe dans le coin, un peu en mode résistant, beaucoup en mode pas rassuré.

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Alfred - il y a une semaine

@Claire
Ah oui, les attentats de St Michel. Le GIA à l'époque.
Marrant, jusqu'en 1989 j'avais vécu avec la vague trouille de finir en cendre radioactive (URSS-USA) et le trip c'était de se poser la question: "où peut on trouver un abri anti-nucléaire?" (réponse: nulle part en France).
1989, l'URSS et les perspective de 3ème guerre mondiale sont finies... mais en 1995 on (re-)découvre la suite des festivités: la cocotte minute à la TNT-clous. A l'époque d'ailleurs ça zigouillait tous les jours en Algérie.

Bon, le 11 septembre ça a été un choc: au début j'ai cru que c'était l'annonce du prochain Rambo. Raté. Les ricains qui se croyaient inattaquables sur leur territoire découvraient que l'ennemi ce n'était plus les soviets.

En 2015 j'ai surtout été choqué par l'attentat de Charlie Hebdo. Que deux agités zigouillent des papis journalistes pour des dessins...
Mais c'est vrai que le deuxième tour avec le Bataclan c'était pas mal... Ma manière de me déplacer, de surveiller l'environnement a changé. Éviter d'être une cible, repérer les planques, être prêt à agir au cas où. Et en accord avec l'attentat du Thalys, quitte à crever, autant en emporter un avec moi.
La fête est finie, comme qui dirait.

Failli foutre une gueulante à des morveux une semaine plus tard d'ailleurs. Ces petits couillons s'amusaient à braquer des flingues en plastique sur les passants du haut de leur immeuble. Envie de demander à leurs parents s'ils tenaient vraiment à ce que leurs gosses finissent en bavure. La police et les passants étaient nerveux et c'était compréhensible.

Tristement, le sentiment de solidarité police-passant a baissé depuis. Faut dire que les yeux crevés des gilets jaunes ont pas aidé :D.

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